Devenir gestionnaire d’un salon de beauté



Vous avez décidé de devenir gestionnaire? Ou peut-être pas… Quoi qu’il en soit, voilà votre rôle désormais et si vous voulez que votre entreprise ou celle pour laquelle vous travaillez prospère, vous devrez développer certaines aptitudes qui sont nécessaires à votre réussite. Le métier de gestionnaire de salon de beauté est particulier. Vous devez garder en tête que vous gérez des êtres humains, des personnes. Ce sont ces personnes qui sont votre ressource principale. Ce sont elles qui font que votre entreprise fonctionne. Alors pour ce faire vous devrez chaque jour développer votre oeil à la complexité plutôt qu’à la simplification. Ce qui ne sera pas une mince tâche. Plutôt que de vous de faire une lecture rapide des situations, vous devrez prendre le temps de les analyser dans tous les sens afin de poser un diagnostic juste.

L’importance de l’équipe

Il faudra tout d’abord prendre tout le temps nécessaire afin de faire le bon choix. Vous devez prendre votre temps pour engager les bonnes personnes, vous assurez qu’elles ont les mêmes valeurs que l’entreprise. Il faut considérer que toutes ces personnes composeront une équipe de travail qui, au quotidien, servira vos clients. Il ne faut donc absolument pas négliger cette étape cruciale et difficile. Certes, personne n’a de boule de cristal. Vous ne pourrez jamais être totalement certain de votre choix. Mais vous devez mettre toutes les chances de votre côté en prenant votre temps, sans être influencé par le sentiment d’urgence. Et s’Il s’avère que ce choix n’était pas le bon, là il faut réagir vite! Hire slowly, fire quickly. Vos clients seront peut-être déçus de ne pas pouvoir avoir les services désirés parce que vous manquez de personnel. Mais cela n’est rien à côté du mécontentement qu’ils auront s’ils sont mal servis, pire s’ils n’aiment pas le résultat de leur coupe de cheveux… J’ai fait cette erreur plus d’une fois, tentant de me convaincre que ça irait, que ce coiffeur apprendrait, que si je lui expliquais patiemment et que je lui offrais la formation nécessaire, il deviendrait bon. Et vous savez quoi? Jamais ça n’a fonctionné. Jamais. Dès les premiers signes de discordance entre un employé et les valeurs de ma compagnie, je savais que ça ne fonctionnerait pas. Le compte à rebours était commencé.

Je suis convaincue qu’un coiffeur ou une esthéticienne passionné, à qui on doit enseigner le métier, peut évoluer, dans la mesure où il le veut et où il comprend. Seulement. Voilà pourquoi il faut impérativement avoir en tête les valeurs de la compagnie et y revenir toujours. Pour être un bon coiffeur, il ne suffit pas d’avoir rêvé toute sa vie de jouer dans les cheveux, d’avoir joué dans les cheveux de ses amis depuis l’école primaire ou encore d’aimer l’esthétisme et la mode. Ça ne suffit pas. J’en parlerai plus tard, mais pour moi être un bon coiffeur est beaucoup plus que ça, et c’est pourquoi toute cette industrie est ébranlée, du moins en Amérique du Nord.

Notre industrie est unique, il faut avoir une approche unique. Bien sûr, de façon générale les grands principes de gestion s’appliquent… pour les grandes lignes. Pour le reste, il faut toujours se rappeler que notre équipe est notre entreprise. Rien de moins. Chaque jour, nous passons la journée ensemble, littéralement. Un à côté de l’autre, à entendre les mêmes histoires racontées aux clients, à voir les mêmes comportements. Alors que faut-il pour que ça fonctionne? Il faut en prendre soin. Il faut s’y intéresser. Ne pas s’intéresser seulement au rendement et à la performance, s’intéresser à eux. Et sincèrement, la seule façon que j’ai trouvée pour y arriver est de les aimer. Je m’explique. Je sais faire la différence entre des employés ou des collègues de travail et des amis. Ils ne sont pas mes amis, ce serait beaucoup trop difficile à gérer. Mais je dois avouer qu’au fil des années j’ai remarqué que les personnes que j’ai engagées avec qui j’avais plus de points en commun et avec qui la conversation était plus facile et agréable restaient plus longtemps dans l’entreprise et se surpassaient. Pourquoi? Parce que quand on aime quelqu’un, on va tout faire pour qu’elle réussisse, qu’elle se sente bien. On va chercher à la comprendre. On fera preuve d’empathie naturellement. C’est humain. Il faut faire attention de ne pas tomber en sympathie, ce serait alors trop ardu émotionnellement. Chose certaine, pour gérer des personnes, il faut y mettre du coeur. Alors, posez-vous la question: aimez-vous les gens qui composent votre équipe?

Donc, derrière cette équipe de personnes, que se cache-t-il? Une panoplie d’attentes, de valeurs et de comportements différents. Et votre rôle est de composer avec toutes ces différences pour y apporter l’harmonie au travail. Comment? Vous devez d’abord développer votre lecture des personnes et des situations. Analyser les circonstances et adapter votre lecture pour être plus conscients de vos propres biais. Nous avons tendance à analyser les autres et les situations en partant de nous-mêmes, ce qui peut s’avérer être un piège. Puisque votre historique personnel est unique, elle ne peut s’appliquer aux autres. Il faut avoir la sensibilité de comprendre les conditions de chacun en faisant preuve d’empathie sincère.

Les bons gestionnaires ont la capacité d’analyser les situations et les comportements de manière objective. Parce que vos collaborateurs ont principalement deux besoins fondamentaux: la légitimité et l’équité. La légitimité est la qualité de ce qui est équitable et le caractère de ce qui est fondé en droit. Par exemple, si vous avez signé un contrat de travail, vous devez également vous y tenir en tant que gestionnaire. Vos exigences et votre comportement doivent être en accord avec les politiques de votre organisation. Par exemple, il serait tout à fait inacceptable que dans votre contrat de travail il y ait une clause stipulant que les gens doivent aller en formation deux fois par année et que vous, par ce que vous êtes le propriétaire du salon, vous n’assistiez jamais à des formations. Votre équipe vous observe et marchera dans vos pas, alors walk the talk!

L’équité est la qualité qui consiste à attribuer à chacun ce qui lui est dû par référence aux principes de la justice naturelle, l’impartialité. Cela est primordial pour gagner le respect de vos collaborateurs. Le titre de patron, de directeur ou de gérant est loin d’être suffisant pour être crédible et respecté. Vous devez gravir les échelons. Votre équipe vous jugera plus sévèrement que vous la juger bien souvent, c’est pourquoi vous ne pouvez vous permettre une bévue. S’ils ont l’impression que vous avez des affinités particulières avec certaines personnes de l’équipe, ils en concluront automatiquement à l’injustice. C’est un peu comme une bonne mère de famille, elle a beau avoir quatre enfants, il est impensable qu’elle démontre qu’elle a un préféré. Vous devrez faire de même. Imaginez un instant que vous devez gérer une situation délicate impliquant 2 coiffeurs, alors qu’un des deux est votre ami depuis des années. Il faudra beaucoup de doigté dans un sens comme dans l’autre pour ne pas heurter injustement un des coiffeurs. Même si votre décision est juste et réfléchie, si elle positive pour votre ami, vous serez jugé pour injustice. Alors, votre rôle de gestionnaire vous amène à dire ralentir certaines amitiés, en êtes-vous prêts à faire ce sacrifice?


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